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:: La télévision numérique terrestre (TNT)

La télévision mobile personnelle

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Si les opérateurs de téléphonie mobile proposent depuis 2006 dans leurs offres haut débit « 3G » des services de télévision et des services de vidéo à la demande (VàD), les contraintes techniques des technologies issues de la téléphonie mobile feront vraisemblablement obstacle au développement d’un marché de masse, du fait de leur inadéquation à la transmission simultanée vers un grand nombre d’utilisateurs.

C’est pourquoi les acteurs du marché ont depuis les années 2000 étudié des technologies de diffusion spécifiquement adaptées aux services de télévision mobile capables de servir une forte audience, escomptant en outre que ces nouveaux services constitueraient des relais de croissance importants pour les opérateurs mobiles, les opérateurs techniques de diffusion et, dans une moindre mesure, pour les éditeurs et les distributeurs de services audiovisuels.

Tel est l’objet de la télévision mobile personnelle (TMP), qui consiste en une offre de services audiovisuels linéaires diffusés via un réseau dédié sur des terminaux mobiles individuels (smartphones, tablettes, écrans portatifs, ordinateurs portables, etc.) ou sur des récepteurs de télévision mobiles, par exemple installés dans des véhicules. Le service peut consister en la retransmission simultanée de chaînes de télévision déjà autorisées pour un mode de diffusion « classique » (hertzien terrestre, câble, satellite ou ADSL), ou encore la diffusion de nouveaux services de télévision conçus spécifiquement pour la consommation nomade. D’autres services complémentaires fondés sur l’interactivité ou la fourniture de données associées pourraient également voir le jour.

Bien qu’un cadre législatif et réglementaire ait été mis en place en 2007 pour le lancement de la TMP en France, le projet n’a pu voir le jour depuis lors faute de modèle économique probant et de disposition à investir de la part des acteurs potentiellement intéressés.

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La loi n° 2007-309 du 5 mars 2007 relative à la modernisation de la diffusion audiovisuelle et à la télévision du futur a adapté le régime juridique de la télévision numérique terrestre (depuis lors précisé par la loi n° 2009-258 du 5 mars 2009 relative à la communication audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision) pour permettre au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de lancer des appels aux candidatures spécifiquement destinés à la diffusion de services de TMP.

L’arrêté en vigueur fixant les caractéristiques techniques de diffusion des services de TMP a été publié au Journal officiel le 24 septembre 2007. Il retient à titre principal l’usage, dans la bande UHF, de la norme DVB-H (Digital Video Broadcast - Handheld), une déclinaison de la norme DVB-T de la TNT soutenue de manière constante par le Forum TV Mobile, association rassemblant les acteurs majeurs du secteur sur l’ensemble de la chaîne de valeur. En outre, la norme DVB-SH a été retenue en bande S pour le cas de la diffusion par voie hybride satellitaire et terrestre.

Suite à l’appel aux candidatures qu’il avait lancé en novembre 2007, le CSA a sélectionné en mai 2008 les 13 services de TMP suivants : BFM TV, Canal+, Direct 8, EuropaCorp, Eurosport, i-Télé, M6, NRJ12, NT1, Orange Sport, TF1, Virgin 17 et W9. En outre, les services France 2, France 3 et ARTE disposaient des 3 autres canaux disponibles, en application du droit d’octroi prioritaire de la ressource radioélectrique.

L’ensemble des éditeurs autorisés ont remis au CSA leur convention signée le 30 septembre 2009, mais les services n’ont jamais été lancés, faute de modèle économique probant.

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En effet, les négociations entre éditeurs et opérateurs mobiles sur le modèle économique et le partage de la valeur générée par la TMP ont été particulièrement difficiles, depuis la sélection des services par le Conseil, en raison de divergences sur le projet :

  • les éditeurs se disaient convaincus que la mobilité constituerait un mode de consommation incontournable de la télévision dans un proche avenir. Ils appelaient les opérateurs mobiles à s’entendre sur les conditions économiques d’une « offre de gros », alors proposée par la société TDF ;

  • les opérateurs mobiles semblaient, quant à eux, réticents à financer un réseau dédié à la télévision mobile, dans la mesure où ils pouvaient s’appuyer sur leurs propres réseaux à haut débit « 3G » et dans la mesure où ils prévoient aussi désormais d’investir massivement dans des réseaux « 4G », qui offriront davantage de bande passante aux utilisateurs (les 3 opérateurs historiques ayant obtenu en décembre 2011 de nouvelles fréquences pour cet usage).

Depuis lors, malgré la mission confiée par le Gouvernement en mars 2009 à M. VIGUIER visant à favoriser la conclusion d’un accord entre les parties concernées sur un modèle économique, toutes les tentatives de relance du dossier ont échoué.

Au niveau international, si les initiatives ont été très nombreuses ces dernières années, il n’existe pas, à notre connaissance, de succès avéré d’une TMP déployée sur des infrastructures de diffusion dédiées, selon un plan d’affaires éprouvé, même si quelques pays, comme le Japon ou, à un degré moindre, la Corée du Sud, comptent plusieurs millions d’utilisateurs de services de télévision en mobilité.



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