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La radio numérique

Dernière mise à jour le 14/05/2012

Le passage au tout numérique de la télévision désormais achevé, les attentions se focalisent sur la radio, qui dispose encore, sur un vaste réseau terrestre dédié, d’une diffusion analogique en bande FM (modulation de fréquences). La numérisation de ce média, qui joue un rôle essentiel en matière de pluralisme des opinions et de diversité culturelle et qui est écouté chaque jour par plus de 80 % des Français, continue de susciter de nombreuses interrogations de la part des acteurs du secteur et des pouvoirs publics.

Le déploiement de la radio numérique terrestre (RNT), c’est-à-dire la numérisation de la plate-forme terrestre de diffusion de la radio, permettrait une meilleure couverture du territoire, qu’elle soit nationale, régionale ou locale, selon les types de services. Elle permettrait en conséquence un enrichissement de l’offre et une plus grande diversification des services (en bande FM, chacun peut accéder aujourd’hui en moyenne à une vingtaine de radios1 « seulement » et 30 % de la population reçoit moins de 10 services). La matérialisation de ces progrès nécessite toutefois des investissements substantiels de la part des éditeurs de services de radios, que tous ne sont pas prêts à consentir à ce stade (v. infra).

Le numérique permettrait également de moderniser le média radio par une meilleure qualité du son, des fonctions associées aux équipements (fonction pause, time shifting, enregistrement numérique) mais aussi la diffusion de données associées ou non aux programmes (guide de programmes, informations sous forme d’images relatives aux œuvres diffusées, services de proximité, trafic routier, météo, etc.) Il s’agit pour les éditeurs d’inventer de nouvelles sources de revenus et de créer de nouveaux supports publicitaires pour les annonceurs.

La numérisation de la radio pourrait enfin constituer, plus généralement, un levier de développement et d’innovation pour l’industrie numérique de notre pays.

Cette numérisation ne passe pas nécessairement, cependant, par la numérisation de la plate-forme terrestre de diffusion de la radio : au-delà de la RNT (qui fait l’objet des développements qui suivront), dont le lancement a été plusieurs fois repoussé, la radio sur IP, accessible par ordinateur ou sur un terminal connecté en wi-fi aux modems ADSL (« box ») des fournisseurs d’accès Internet, se développe déjà ; de même que la radio numérique en mobilité, sous l’impulsion du marché - en plein essor - des smartphones (iPhone, Samsung, Google Phone, HTC, etc.), des tablettes (iPad), etc. L’audience différée en streaming ou par téléchargement (podcast) constitue ainsi un mode d’écoute de la radio de plus en plus important.

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Le cadre législatif de la radio numérique a été défini par la loi n° 2004-669 du 9 juillet 2004 relative aux communications électroniques et aux services de communication audiovisuelle, qui met en place des procédures d’autorisation adaptées aux caractéristiques des différentes technologies existantes. Venue compléter ce cadre, la loi n° 2007-309 du 5 mars 2007 relative à la modernisation de la diffusion audiovisuelle et à la télévision du futur consacre les bandes de fréquences III (occupées par Canal+ jusqu’en 2010 pour sa diffusion analogique) et L pour la radio numérique, cette dernière étant aussi prévue pour des services de radio par satellite.

En outre, la loi n° 2009-258 du 5 mars 2009 relative à la communication audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision a introduit un dispositif, modifié en mai 2011, ayant pour objet de rendre obligatoire, de façon progressive, l’intégration d’un dispositif permettant la réception de la radio numérique dans les récepteurs de radio commercialisés en France, afin d’accélérer la migration vers le numérique du média.

Dès 2007, le choix de la norme de diffusion de la RNT a suscité de vifs débats entre les éditeurs. Les grands groupes de radio, regroupés au sein du Groupement pour la radio numérique (GRN) avaient demandé l’utilisation exclusive de la norme DMB (qui présentait à leurs yeux le double avantage, par rapport à la principale norme concurrente DAB+, d’offrir des services plus riches et d’être déjà industrialisée), alors qu’une partie des radios associatives avaient souhaité pouvoir utiliser également le DAB+. L’arrêté relatif aux normes de diffusion de la radio numérique du 3 janvier 2008 a consacré le DMB comme l’unique norme de diffusion de la RNT.

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Après avoir lancé un appel aux candidatures sur vingt zones en mars 2008, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a décidé, en mai 2009, de restreindre cet appel aux seules zones de Paris, Marseille et Nice, villes sur lesquelles il a alors procédé à la sélection des services.

Par ailleurs, face aux réticences exprimées notamment par plusieurs grands groupes, le Premier ministre a confié en juin 2009 une mission à M. Marc TESSIER, ancien président de France Télévisions, sur le lancement de ce nouveau mode de diffusion de la radio. Ce rapport, remis au Premier ministre en novembre 2009, souligne le coût élevé à la charge des éditeurs induit par le développement de la radio numérique terrestre en phase de double diffusion. Il estime en particulier que la durée de simulcast (double diffusion analogique et numérique) ne saurait être inférieure à 10 ans, compte tenu des difficultés à s’assurer d’un renouvellement des terminaux radios pour l’ensemble des foyers. Le rapport émet également des doutes quant au bénéfice du numérique pour les consommateurs, si la couverture numérique n’est pas assez importante. Aussi, il prône une couverture de 90 % de la population pour les réseaux commerciaux à vocation nationale, 95 % pour les services de Radio France et, plus globalement, une augmentation sensible du nombre de radios reçues par chacun sur l’ensemble du territoire, y compris à l’intérieur des bâtiments.

Suite à ce rapport, le président du CSA a lancé en novembre 2009 une mission de concertation avec l’ensemble des acteurs. A cette occasion, le Bureau de la Radio2 a appelé le CSA « à approfondir de façon centrale la question du modèle économique, considérant que le coût du projet n’est pas compatible avec l’économie du média radio », rejoignant ainsi la position du rapport TESSIER. En avril 2010, le CSA a finalement décidé de retarder la délivrance d’autorisation tout en demandant au Gouvernement de réaffirmer son soutien au projet.

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Remis au Premier ministre en mars 2011, un nouveau rapport, rédigé par M. KESSLER, précise que toutes les conditions ne sont pas réunies d’un point de vue économique pour permettre le déploiement à grande échelle de la radio numérique terrestre. Il propose une alternative au déploiement rapide et à grande échelle de la RNT sous la forme d’un moratoire de 2 ou 3 ans, accompagné, le cas échéant, d’une expérimentation à l’échelle locale. Durant ce moratoire, il invite le CSA à mettre en place un observatoire des expériences étrangères, à la question des normes de diffusion ainsi qu’aux autres formes de numérisation du média radio.

Il est important de noter que cette question du financement de la radio numérique revêt un caractère déterminant pour les acteurs les plus fragiles du paysage radiophonique que sont les radios associatives. Le Gouvernement leur accorde une attention toute particulière par le biais du Fonds de soutien à l’expression radiophonique locale (FSER). En fonction des modalités de lancement de la radio numérique, les textes régissant ce fonds pourraient être adaptés en tant que de besoin (v. fiche sur le FSER).

Le CSA a lancé l’observatoire précité le 13 octobre 2011, afin de poursuivre « les réflexions engagées par la mission sur le lancement de la radio numérique terrestre qu’il a mise en place en 2010 avec les pouvoirs publics et l’ensemble des professionnels ».

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En avril et mai 2012, le CSA a annoncé d’une part la réouverture des appels à candidatures de 2008 sur les zones de Paris, Marseille et Nice, et d’autre part le lancement d’appels sur 20 agglomérations supplémentaires dans l’optique d’un démarrage des services au second semestre 2013.

En parallèle, le ministre de la culture et de la communication et le ministre en charge de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numérique ont lancé le 6 avril 2012 une consultation publique sur les normes techniques de diffusion de la RNT, notamment afin d’évaluer l’intérêt d’une éventuelle adjonction du DAB+ à la norme actuelle dans la bande III.

Pour en savoir plus :

-  la radio numérique terrestre sur le site du CSA



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